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La cupidité (de l’Etat) nuit gravement à la sérénité (des automobilistes)

Je l’avoue : je n’ai plus que 5 points sur mon permis de conduire. J’en ai perdu 7, l’un après l’autre, pour avoir dépassé à sept reprises de deux ou trois kilomètre/heure la vitesse maximale autorisée (le plus souvent sur autoroute). Je suis un criminel en puissance et, à ce rythme, je vais tôt ou tard devoir rendre mon permis, honte sur moi.
A part celle de l’association « 40 millions d’automobilistes », on n’entend pas beaucoup de voix s’élever contre la répression féroce qui sévit en France contre les infractions mineures au code de la route. Fort d’une dernière loi passée inaperçue, légalement douteuse, qui punit les entreprises d’une amende honteusement élevée pour « non dénonciation de conducteur » (de 675 à 1875 € !), l’arsenal de l’Etat pour dégoûter tous les citoyens de se mettre au volant vire au jackpot financier. A se demander si, sous couvert de « sécurité routière », le Trésor public ne cherchait pas à s’en mettre plein les poches…
Où est la sécurité des usagers de la route lorsqu’on les oblige, de peur d’être flashés, à avoir les yeux rivés sur le compteur de vitesse tout en guettant avec anxiété l’apparition de l’un de ces innombrables panneaux de limitation qui fleurissent à tout bout de champ pour un oui ou pour un non, signalisation dont la logique varie d’une commune à l’autre de manière incohérente ? Vivement une étude indépendante sur la mortalité routière sur le thème : « le stress tue » ! Même sur les autoroutes, censées vous assurer de rouler en toute quiétude à une vitesse constante, les traversées d’agglomération (comme celle, ubuesque, de Tours) et les zones de travaux à répétition, piégées par des radars vicieux, vous empêchent d’adopter une conduite sereine et apaisée.
Lorsqu’en plus, l’Etat confie les radars embarqués à bord de véhicules banalisés à des sociétés privées (autre procédé à la légalité douteuse) qui n’ont d’autre objectif que la rentabilité et donc la multiplication des contraventions, on n’est pas loin de la ferme industrielle à quarante millions de vaches à lait !
Cerise sur le jackpot, la Cour des comptes vient de révéler que la multiplication des radars ne faisait pas baisser le nombre de morts sur la route, bien au contraire : d’une part, « Le montant global des amendes perçues par l'Etat au titre de la circulation et du stationnement routiers s'est élevé à 1 817,9 millions d'euros au lieu de 1607,7 millions d'euros en 2015 », d’autre part, « En 2016, les résultats de la mortalité routière ont été confirmés à la hausse pour la troisième année consécutive avec près de 3 500 tués sur les routes françaises en métropole ». Pour couronner le tout, la Cour des comptes pointe que « l’argent des radars ne va pas à la sécurité routière »… Une histoire de gros sous, je vous dis !
Le comble, c’est le stage de récupération de points que me propose l’Etat. Gratuit ? Que nenni : de 101 à 245 euros selon les départements et les centres agréés ! En plus, la proposition est mesquine, pour ne pas dire radine, ladite récupération étant limitée à quatre points. Puisqu’on est dans une logique de marchand de tapis, pourquoi ne pas proposer un stage « De Luxe » à 500 euros pour récupérer huit points et un « Super Premium » à mille balles pour la totalité ?
 « La vitesse tue », dit bêtement la propagande. Pour être plus efficace, je conseille à l’Etat de rendre obligatoire sur tous les véhicules la pose d’un macaron « La voiture tue ». Ce qui serait en parfaite cohérence avec la lutte contre le tabac (« Fumer tue »), dont le prix ne cesse d’augmenter sans pour autant faire baisser le nombre de fumeurs. Clope ou bagnole, même constat : l’Etat se révèle aussi impuissant qu’âpre au gain. Ce n’est pas nouveau mais c’est de plus en plus insupportable. A quand une manif monstre d’automobilistes pour bloquer les routes de France ?